Violences faites aux femmes : Prêtes pour un #MeToo africain?

Pour ceux qui ne connaissent pas le mouvement #MeToo, c’est un mouvement social, née aux Etat-Unus, qui encourage les femmes à dénoncer les auteurs des harcèlements ou agressions sexuelles dont elles sont victimes. Il a été repris en France par le hashtag #BalanceTonPorc. Les premières têtes à tomber étaient des hommes de renom dans le monde showbiz mondial dénoncées par des femmes parfois très connues également.

Depuis quelques semaines, on assiste à l’un des premiers scandales autour du sujet en Afrique francophone. Des photos de Mamacita, la petite amie du célèbre chanteur malien Sidiki Diabaté, avec le corps couvert de bleus ont fuité sur internet. La toile est montée au créneau. Résultat : la star intouchable est actuellement en prison. 

Est-ce le début du #MeToo africain ? On peut clairement se poser la question.

Une nouvelle génération des femmes africaines 

Ces dernières années, on voit éclore une nouvelle génération de femmes africaines. Des femmes modernes, qui ne se laissent pas dominer par des pensées culturelles ou traditionalistes qui les rabaisseraient au stade de femme-objet. Attention, la violence faite aux femmes n’est aucunement un principe d’une quelconque tradition africaine. Il faut bien le préciser. Ce sont certains hommes qui ont travesti leur rôle de “chef de famille”, et ont essayé de faire porter le chapeau de leurs vices à la tradition africaine.

Les médias, les réseaux sociaux le développement du féminisme, et même de l’afro-féminisme sont de gros facteurs qui mettent à mal la culture du silence qui a longtemps prévalu. Voir des actrices, des chanteuses ou des femmes politiques dénoncer les agressions dont elles ont été victimes, a été un élément propulseur du mouvement.  On assiste donc à un beau spectacle de quelques femmes africaines fortes comme Mamacita, qui dénoncent et qui assument.

Un choc intergénérationnel : la pression sociale

Cependant, pour la majorité en Afrique, la question de la violence conjugale doit rester dans le cadre familial. Une femme doit protéger son intimité. Une sacralisation bien ironique presque sacrificielle. On considère une femme qui dénonce comme une mauvaise femme, qui n’a pas le sens du dévouement et qui ne pense pas aux conséquences pour son agresseur qu’elle jette en pâture.

Pour le cas de Mamacita contre Sidiki Diabaté, on a vu des célébrités publier des “pardons” pour que la victime retire sa plainte. Ce qui est totalement aberrant!  On a même vu d’anciennes victimes de violences comme Yvidéro, défendre Sidiki. Des internautes, fans du chanteur ont prétexté un complot, d’autres ont y associé la politique comme excuse. Et tout ça en 2020 !

Dans la même semaine, Daphné et une animatrice gabonaise ont dénoncé des violences dont elles auraient été victimes. Ces différentes sorties ont été assimilées à une recherche de buzz.

Sachant qu’une femme sur trois a déjà été victime de violences ou d’agressions sexuelles, POURQUOI TOUTES CES DENONCIATIONS VOUS ETONNENT ???

Cette pression sociale met à mal l’explosion de la dénonciation des “porcs” et musèlent les victimes qui continuent de se terrer dans le silence.

Un espoir pour les victimes

Sidiki Diabaté n’a pas été le premier artiste en Afrique francophone à passer au crible de la justice pour violences faites aux femmes. Il y a eu le cas de Koffi Olomidé. Et si les 2 sont passés “dans la sauce” des réseaux sociaux, Sidiki est le premier à voir ses nominations à des récompenses internationales totalement éliminées

Un gros pas en avant auquel beaucoup d’entre nous ne s’attendait pas. Surtout que la question des récompenses aux “porcs” (globalement lla cancelculture)  n’est pas encore éludée, même en Occident. Petite pensée pour Polanski dont la remise du César l’année dernière à créer un véritable tollé en France.

Cela prouve que l’Afrique n’est pas totalement fermée à un #MeToo local. Peut-être pas forcément dans les semaines ou mois à venir. Mais on y arrivera. En espérant que l’affaire Sidiki Diabaté servira d’exemple à d’autres porcs. 

Auteur : Malvyna

Petite dame gabonaise de 1m59, Consultante en Communication d'entreprise. Beauty addict, amoureuse de cheveu crépu, féministe sur les bords, fan de Rnb des 90's et 00's Pleine d'amour et d'eau fraîche.

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